Tribune

Loin d’une couverture de la prochaine élection présentielle vue par le petit bout de la lorgnette, la presse quotidienne régionale se place au plus près des Français et de leurs préoccupations. Un travail essentiel.

Vous cherchez un remède capable de redonner du sens à cette campagne électorale dramatiquement au ras des pâquerettes ? Achetez la PQR, la presse quotidienne régionale. C’est le moyen le plus sûr de recouvrer lucidité et sérénité. Appliqué à doses régulières, ce traitement peut changer votre vision des besoins des électeurs autant que celle de l’essentiel journalistique en réponse aux sujets présidentiels traités par le petit bout de la lorgnette, sans mise en perspective, sans enrichissement de terrain, juste sur la base de thèses – souvent dangereuses – ajoutées les unes aux autres.

Proximité, pédagogie, décryptage, incarnation : voilà plutôt nos ambitions ! Rien de très révolutionnaire en réalité dans ce programme. La presse locale l’applique depuis quelques quinquennats maintenant, avec ténacité, consciente que cette marque de fabrique est aux yeux de ses lecteurs, papier ou digital, la garantie de choix rédactionnels sérieux et d’une réelle écoute, d’une véritable compréhension de leurs préoccupations.

C’est le programme que Midi Libre a adopté pour traiter le scrutin élyséen en mission, en devoir citoyen osons le dire, dans les départements où le journal régional est implanté depuis 1944 comme sur ses supports numériques (46 millions de visites en janvier). Un leitmotiv au fil des dernières années au sein de nos rédactions qui s’est cependant renforcé depuis septembre 2021, à l’annonce des niveaux de désintérêt de la population pour le rendez-vous d’avril prochain et d’abstention chez les plus jeunes en particulier.

Un relais populaire

C’est ainsi que s’est engagée la campagne présidentielle à Midi Libre, en multipliant des initiatives qui répondent à trois interrogations : à qui parlons-nous ? ; de quoi parlons-nous ? ; comment en parlons-nous ? Chacune des thématiques est appréhendée autour de ce triptyque, du pouvoir d’achat à la sécurité, en passant par la transition écologique ou l’immigration. Nous nous adressons à des lecteurs-électeurs qui ne font plus confiance à la politique, qui ne supportent plus que l’on parle en leur nom, considérant que les sujets de leur quotidien sont survolés par des personnalités politiques éloignées de leurs réalités. Difficile de faire comme si cela n’existait pas…

Pour y remédier, la presse quotidienne régionale a choisi de parler vraiment aux Français, et parler des Français, en les accueillant massivement dans ses colonnes sur des thématiques qui les concernent, en les faisant intervenir dans des débats, dans des rencontres avec les candidats ou dans des tribunes exposant les mesures qu’ils voudraient voir appliquer. Poumon des territoires de notre pays, la PQR est le reflet de leurs vies, diverses et souvent complexes, le reflet des espoirs, des dynamiques et des envies de changement. Autant de témoignages qui viennent interpeller les candidats sur des situations qu’ils ne maîtrisent absolument pas, au mieux, ou dont ils n’ont aucune connaissance, au pire.

Ne sommes-nous pas là, aussi, surtout, pour alerter sur ce qui couve et gronde ? C’est ainsi que nous perçoivent les électeurs : des relais efficaces et indispensables d’une démocratie en questionnement et en mouvement. L’exercice resterait incomplet si nous perdions de vue un pan essentiel de nos principes : expliquer les phénomènes, décrypter, hiérarchiser, raconter les coulisses. Des valeurs qui tranchent avec l’hystérie collective du moment où tout se vaudrait, plaçant sur la même échelle les journalistes des médias « traditionnels » et les réseaux sociaux, réceptacles d’absurdités autant que de thèses insupportables, alimentées par une partie de l’électorat. Quand ce n’est pas les candidats eux-mêmes. Des valeurs portées par la presse régionale qui favorisent tous les débats, sans tabou mais avec mesure. Impérieusement nécessaire.